Labrador, l'index de ChatGPT : ce qu'il lit de votre site

🇬🇧 Read in English : Labrador, ChatGPT's index: what it reads of your site
Vous n’utilisez presque plus Google ? ChatGPT non plus. Dans le mode Think de sa version gratuite, celle qu’utilise le grand public, ChatGPT tire 75 % de ses sources de Labrador, l’index de recherche maison d’OpenAI, et 3 % seulement de Google, selon l’étude de l’agence Resoneo publiée en août 2026. Ce que Labrador garde de votre page tient en un titre et environ 200 caractères. Être premier sur Google ne garantit donc plus d’être cité. J’ai appliqué ces conclusions à kimoun.com : voici ce que j’ai trouvé, et ce que ça change pour une entreprise en 2026 et 2027.
Points clés
- Labrador est l’index de recherche propriétaire d’OpenAI. Il fournit l’essentiel des sources de la version gratuite de ChatGPT, qui consulte très peu Google.
- ChatGPT ne lit presque jamais votre page. Il décide de vous citer sur votre titre et environ 200 caractères pris juste après votre H1, votre meta description étant ignorée.
- Sur kimoun.com, un bouton de partage mangeait un quart de ce budget. J’ai modifié les gabarits du site pour tester les conclusions de l’étude.
- Pour un commerce, la réponse de ChatGPT passe par des flux de cartes et d’avis, pas par votre site. La fiche Google Business Profile reste le premier levier.
Être premier sur Google ne dit plus rien de ce que ChatGPT sait de vous. Ce qui compte, ce sont les deux cents premiers caractères de votre page.
— Olivier Watté, dit Oliver · fondateur de Kimoun
Qu’est-ce que Labrador, l’index de ChatGPT ?
Astuce
Labrador est l’index de recherche propriétaire d’OpenAI : ChatGPT l’interroge sans passer par Google ni par Bing.
Entre le 21 mai et le 21 juillet 2026, un champ technique nommé result_source indiquait d’où venait chaque résultat de ChatGPT. Trois de ses valeurs désignaient des prestataires qui récupèrent les résultats de Google. La quatrième, labrador, désignait l’index d’OpenAI. L’agence Resoneo a eu le temps de capturer 1 249 réponses avant la disparition du champ.
Labrador n’est pas du Bing rebaptisé : un quart de ses titres dépassent les 75 caractères auxquels Bing coupe toujours les siens. L’enquête de Peec AI y voit une famille d’index : web, actualités, local, shopping, images… Lors du procès antitrust de Google, Nick Turley, responsable de ChatGPT, a témoigné qu’OpenAI construisait son propre index depuis 2023, après un refus de Google.
Une réserve s’impose : OpenAI n’a jamais confirmé officiellement Labrador. Tout ce qui suit vient d’un travail de rétro-ingénierie, sérieux et documenté, mais daté.
ChatGPT utilise-t-il encore Google ?
Oui, mais surtout pour ses abonnés payants. Resoneo a posé les mêmes questions sur les différentes formules de ChatGPT : c’est le mode de réponse qui choisit le moteur.
| Parcours ChatGPT | Labrador (index OpenAI) | Flux d’actualités | |
|---|---|---|---|
| Gratuit, bouton Think | 74,7 % | 3,1 % | 22,2 % |
| Payant, mode thinking (effort moyen) | 24,7 % | 75,3 % | 0 % |
Source : Resoneo, mise à jour d’août 2026. Parts des adresses ramenées par conversation.
Sans le bouton Think, le constat est encore plus net. Sur un compte gratuit, les questions d’information générale, sur un commerce ou sur un produit partent à près de 100 % vers Labrador. Seules les questions dont la réponse change dans la journée, un score ou une décision du jour, ouvrent la porte à Google.
Vous pouvez donc être premier sur Google et absent de la réponse que ChatGPT donne à vos clients. La tendance va dans ce sens : à la mi-août, Peec AI a repéré une expérience interne qui remplace les résultats Google par l’index maison sur environ 8 % des conversations.
Que voit ChatGPT de votre site ?
Astuce
ChatGPT ne lit presque jamais votre page : il décide de vous citer sur un titre et environ 200 caractères.
Pour chaque résultat, ChatGPT reçoit un titre, une adresse et un court extrait. En juillet, il n’ouvrait une page qu’à peine plus d’une fois sur 80, d’après Resoneo. L’extrait conservé par Labrador suit des règles précises :
- Il est coupé net un peu au-delà de 200 caractères, et figé au moment où le robot d’OpenAI est passé sur votre page.
- Il est pris au début du texte visible de la page, pas dans vos métadonnées. Votre meta description est ignorée.
- Il démarre sur votre titre H1 : quand la page en a un, l’extrait le contient dans 83,6 % des cas.
En valeurs médianes, le budget se décompose ainsi : 7 caractères parasites avant le H1, 51 caractères de H1, puis 146 caractères de contenu réel pour convaincre ChatGPT de vous citer.
Le surtitre, la date, le nom du site et surtout le texte alternatif de la première image peuvent en consommer jusqu’à 50. Et une page sur sept examinées par Resoneo n’a aucun H1 balisé : l’extrait démarre alors au hasard du gabarit.
Qu’est-ce que Labrador lisait de kimoun.com ?
J’ai reconstitué l’extrait que Labrador obtiendrait des articles de kimoun.com. Le résultat n’était pas flatteur.
Remarque
Reconstitution sur l’article consacré au fichier llms.txt, selon les règles mesurées par Resoneo. Avant : « Rendre son site citable par une IA : robots.txt, llms.txt et le reste Partager via Kimoun Lien copié dans le presse-papier robots.txt, .md, licences, llms.txt : ce qui rend vraiment un site lisible par » Après : « Rendre son site citable par une IA : robots.txt, llms.txt et le reste robots.txt, .md, licences, llms.txt : ce qui rend vraiment un site lisible par une IA — et ce qui relève du mythe, testé depuis la G »
Les libellés du bouton de partage occupaient 52 caractères, un quart du budget. La phrase de présentation s’arrêtait avant sa promesse, et le chapeau n’entrait jamais dans l’extrait.
Suite à cette étude, j’ai modifié les gabarits de kimoun.com pour tester les conclusions de Resoneo. Le bouton de partage passe après la description, écrite désormais comme un extrait autonome : celle de cet article tient, titre compris, en 202 caractères. Je publierai les résultats mesurés.
Je dois aussi une nuance. En mai, j’écrivais dans mon guide pour rendre son site citable par une IA qu’il n’existait pas de seconde porte réservée aux IA. C’est vrai pour Google. Pour ChatGPT, cette porte existe : elle s’appelle Labrador. Elle s’ouvre simplement avec les mêmes clés.
Et pour un commerce en Guadeloupe ?
Pour une question sur un commerce ou un lieu, ChatGPT répond avec une carte alimentée par des flux : Yelp, TripAdvisor et des données issues de Google Maps. Votre site n’y joue qu’un rôle secondaire. Or, comme je l’expliquais à propos de l’accord entre ChatGPT et Yelp, Yelp est quasiment vide en Guadeloupe. ChatGPT se rabat donc sur les données de Google Maps.
Pour un restaurant, un artisan ou un gîte, le premier chantier reste la fiche Google Business Profile : complète, à jour, cohérente avec le site.
Que faire concrètement cette semaine ?
Six actions suffisent, sans refaire votre site.
- Vérifiez que chaque page a un seul H1 balisé. C’est le point d’ancrage de l’extrait : sans lui, vous ne contrôlez plus rien.
- Écrivez les 150 caractères qui suivent le H1 comme votre réponse. Qui, quoi, où, avec un fait concret.
- Dégagez la piste entre le titre et le texte : boutons, surtitre, date, texte alternatif de la première image.
- Laissez passer OAI-SearchBot dans votre fichier robots.txt. C’est lui qui alimente l’index ; GPTBot ne sert qu’à l’entraînement.
- Soignez vos liens internes. Dans les tests de Resoneo, le robot d’OpenAI a suivi les pages accessibles par un lien, pas celles inscrites uniquement dans le sitemap.
- Testez vous-même : demandez à ChatGPT gratuit, avec le bouton Think, « Quel est le meilleur [votre métier] à [votre commune] ? ».
Attention
Les consignes
noindexetCache-Control: no-storesont ignorées par le cache d’OpenAI, où des copies restent plus de 90 jours (Resoneo et Oncrawl). Elles ne retirent pas une page de ChatGPT.
Faut-il optimiser « pour Labrador » ?
Non. Ce que l’on sait de Labrador repose sur une fenêtre d’observation déjà refermée, et le système évolue vite : entre juillet et août 2026, le mode thinking payant a divisé par deux ses recherches par conversation.
Le socle, lui, tient quel que soit le moteur : une page qui répond dès ses premières lignes, des chiffres sourcés, et une réputation construite ailleurs que chez soi. L’étude de Princeton sur le GEO mesure jusqu’à 40 % de visibilité en plus pour les contenus qui citent statistiques et sources. Et nos relevés sur 189 sites d’agences ultramarines montrent que le site officiel n’est cité en premier que dans 55 % des cas.
Labrador ne change pas la nature du travail décrit dans le guide officiel de Google sur la recherche IA. Il en durcit les règles, et fait tomber une illusion : celle qu’une bonne position sur Google suffit. C’est ce que je vérifie avec vous dans mon accompagnement SEO et GEO.
Sources
- Resoneo — Ce que ChatGPT récupère, ce qu’il montre, ce qu’il cite (juillet-août 2026)
- Peec AI — ChatGPT built its own search index (septembre 2026)
- Témoignage de Nick Turley, procès United States v. Google (justice.gov)
- Aggarwal et al. — GEO: Generative Engine Optimization, KDD 2024 (arXiv)
- Kimoun — Accompagnement SEO et GEO en Guadeloupe